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Les droits de la personne en Iran

Honorables sénateurs, je voudrais aujourd'hui porter à votre attention le cas d'une éminente avocate et championne des droits de la personne, Nasrin Sotoudeh.

Nasrin Sotoudeh est née en 1963 dans une famille iranienne de la classe moyenne. Elle a étudié le droit international et a été reçue au barreau en 1995. Nasrin est mariée à Reza Khandan, qu'elle qualifie elle-même d'« homme vraiment moderne ». Ils ont deux jeunes enfants.

Au cours de sa carrière, Nasrin a défendu des activistes et des politiciens d'opposition emprisonnés par suite des élections présidentielles contestées de juin 2009, de même que des prisonniers condamnés à mort. Ses clients comprenaient l'éminent journaliste qui dirigeait le Front démocratique, groupe d'opposition iranien interdit.

Nasrin Sotoudeh a été arrêtée en septembre 2010. Elle était accusée de faire de la propagande et de conspirer contre la sécurité de l'État. Depuis, elle a passé de longues périodes en isolement cellulaire à la tristement célèbre prison d'Evin.

En janvier 2011, les autorités iraniennes ont condamné Mme Sotoudeh à 11 ans de prison et lui ont interdit d'exercer sa profession d'avocate et de quitter le pays pendant 20 ans. Six mois plus tard, une section de la Cour d'appel de Téhéran a réduit sa peine à six ans de prison et lui a interdit de pratiquer le droit pendant dix ans. Même si elle n'a jamais commis un crime démontrable, Nasrin est encore en prison. Pire encore, il lui est interdit de recevoir des visiteurs. Pourquoi? Parce qu'elle refuse de porter le tchador, estimant qu'il constitue une violation de ses droits. Comme vous le savez probablement, le tchador est une grande cape noire que les femmes iraniennes portent par-dessus leur hidjab. Même si les autorités judiciaires iraniennes ont déclaré le mois dernier qu'il n'était plus obligatoire de porter le tchador, Nasrin n'a toujours pas la permission de voir son mari et ses deux jeunes enfants.

C'est une femme vraiment remarquable. En 2008, elle avait reçu le Prix des droits de l'homme du Comité international des droits de l'homme. Plus récemment, elle a reçu le prix PEN/Barbara Goldsmith Freedom to Write pour 2011, décerné aux écrivains qui ont combattu courageusement face à l'adversité en faveur de la liberté d'expression.

En octobre dernier, PEN Canada a décerné à Nasrin Sotoudeh le prix Empty Chair à l'occasion du 32e Festival international des auteurs. Ce « prix de la chaise vide » est attribué aux écrivains qui ne sont pas autorisés à se déplacer librement ou à assister à des festivals littéraires internationaux.

Elle a également reçu le prix One Humanity de PEN Canada, qui récompense les écrivains dont les œuvres transcendent les frontières nationales et favorisent l'établissement de liens entre des cultures différentes. Ce sont là des prix bien mérités attribués à une femme dont l'action est vraiment édifiante.

À titre de sénateur, je condamne les déplorables violations des droits de la personne commises par le régime iranien et demande la libération immédiate de la prisonnière illégalement détenue Nasrin Sotoudeh. J'espère que nous aurons un jour l'occasion de la voir en personne.

L'honorable A. Raynell Andreychuk : Honorables sénateurs, je voudrais moi aussi prendre la parole pour attirer votre attention sur la cause du journaliste iranien primé Ahmad Zeid-Abadi.

En juin 2009, M. Zeid-Abadi faisait partie des dizaines de journalistes arrêtés après les élections présidentielles contestées tenues en Iran. En décembre de la même année, il a été condamné à huis clos à six ans de prison, à cinq ans d'exil interne et à « une interdiction à vie de toute activité politique [y compris] les interviews, les discours et les analyses d'événements ».

Quel est le crime de M. Zeid-Abadi? D'après les Iraniens, il se serait rendu coupable de « propagande contre le régime », de « collusion pour organiser des émeutes » et d'« insulte au chef suprême ». Voilà les accusations portées contre les journalistes en Iran, qui s'est classé cette année 175e sur 179 pays en fonction de l'indice de liberté de la presse de Reporters sans frontières.

M. Zeid-Abadi est surtout connu pour ses articles défendant les droits des minorités ethniques et religieuses, favorisant les réformes politiques en Iran et appuyant le processus de paix au Moyen- Orient. Dans son pays, son œuvre lui a valu l'isolement cellulaire, la torture et l'humiliation.

À l'échelle internationale, il s'est vu décerner le prix Golden Pen of Freedom 2010 de la World Association of Newspapers and News Publishers ainsi que le Prix mondial 2011 de la liberté de la presse Guillermo Cano de l'UNESCO.

La République islamique d'Iran s'est engagée, en vertu du droit international, à maintenir la liberté de pensée, de conscience et d'expression et à renoncer à la torture et aux punitions dégradantes. Pourquoi ces engagements ne s'appliquent-ils pas dans le cas de M. Zeid-Abadi et d'innombrables autres prisonniers politiques?

À titre de sénateur, je condamne les violations des engagements internationaux pris par le régime iranien au chapitre des droits de la personne et demande la libération immédiate du prisonnier politique illégalement détenu Ahmad Zeid-Abadi.