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L'étude sur l'état actuel et les perspectives d'avenir du secteur forestier

Honorables sénateurs, je suis heureuse d'intervenir aujourd'hui dans le débat sur la motion tendant à l'adoption du deuxième rapport du Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts.

Comme d'autres l'ont dit avant moi, le comité a accueilli de nombreux témoins représentant différents secteurs, notamment des producteurs de copeaux de bois, des producteurs de pâtes et papiers, des fabricants, des économistes et des enseignants.

Au cours des délibérations, nous avons entendu des prévisions fort négatives et d'autres fort positives. Je me suis dit, avec un optimisme prudent, qu'avec beaucoup de travail, le secteur forestier pourrait reprendre la place de choix qu'il a occupée par le passé dans l'économie et dans les collectivités canadiennes.

Voilà pourquoi le gouvernement a fait des investissements sans précédent afin de relancer le secteur forestier au Canada. En fait, au cours des deux dernières années, le gouvernement a consacré plus de ressources à ce secteur que le gouvernement précédent ne l'avait fait en cinq ans, et cela porte des fruits. Par exemple, 13 000 nouveaux emplois ont été créés dans le secteur forestier et les exportations de bois d'œuvre vers la Chine ont progressé de 600 p. 100.

Le gouvernement du Canada continue de s'attaquer aux difficultés auxquelles se heurtent le secteur forestier et les travailleurs et collectivités qui en dépendent. Le budget de 2011, La prochaine phase du Plan d'action économique du Canada, consacre 60 millions de dollars sur un an pour favoriser la transformation du secteur forestier. Le gouvernement se concentre sur le développement de nouveaux marchés et sur les technologies et les produits émergents qui amélioreront la compétitivité du secteur forestier canadien.

Les mesures prévues dans La prochaine phase du Plan d'action économique du Canada viennent s'ajouter aux initiatives fédérales déjà en cours qui contribuent à veiller à ce que le secteur forestier canadien puisse continuer d'offrir des emplois de qualité. Par exemple, le Programme d'écologisation des pâtes et papiers, d'une valeur de 1 milliard de dollars, jette les bases d'un secteur plus vert en mettant à la disposition des usines de pâtes et papiers des fonds pour améliorer leur rendement sur le plan environnemental.

Le Programme des technologies transformatrices vient appuyer le développement de technologies émergentes. On a récemment annoncé un financement de 25 millions de dollars pour faire fond sur les réalisations des quatre dernières années.

Le Programme de projets pilotes de démonstration des technologies transformatrices, d'une valeur de 40 millions de dollars, vient appuyer le développement de nouveaux procédés et produits forestiers.

Le programme intitulé Investissements dans la transformation de l'industrie forestière, doté d'une enveloppe de 100 millions de dollars, vient appuyer la mise en marché de technologies novatrices qui contribueront à la diversification du secteur forestier.

Cependant, honorables sénateurs, je ne peux m'empêcher de dire qu'il nous arrive parfois d'oublier la forêt lorsqu'on a le nez collé sur l'arbre.

La semaine dernière, le sénateur Robichaud a parlé d'un des aspects essentiels de notre étude, soit l'éducation. Les enseignants, les chercheurs, les architectes et les ingénieurs nous répètent sans cesse qu'il y a de grandes lacunes, dans l'ensemble du pays, dans les cours universitaires sur l'utilisation du bois dans la construction. C'est d'autant plus le cas dans la construction non résidentielle.

En Europe, on utilise fréquemment le bois dans la construction non résidentielle, mais, au Canada, c'est rare et compliqué. Cette lacune est en partie attribuable au manque de cours universitaires sur l'utilisation du bois. Elle est également attribuable à certaines restrictions dans le code du bâtiment, ainsi qu'aux préjugés et aux mythes qu'entretient le public à propos du bois.

Force est de constater que, au Canada, les codes du bâtiment correspondent à une autre époque et ne suivent pas les tendances. Souvent, les autorités doivent être forcées de reconnaître les nouvelles méthodes et les nouveaux matériaux de construction qui sont depuis longtemps utilisés ailleurs. Ajoutez à cela qu'il y a plusieurs codes du bâtiment — un code fédéral, 12 codes provinciaux et territoriaux et des milliers de codes municipaux. Modifier un code peut donc exiger un effort herculéen.

Une façon évidente de régler ce problème au Canada est de promouvoir une culture du bois qui encourage l'utilisation du bois et le rende attrayant pour la construction non résidentielle. Cela inciterait l'industrie de la construction à exiger une plus grande souplesse dans les codes du bâtiment afin de permettre son utilisation.

Comme le signale le rapport, pour instaurer une véritable culture du bois, l'industrie forestière canadienne doit lever le doute de l'opinion publique quant à l'image de « tueuse d'arbres » dont elle est affublée. L'industrie doit également dissiper les craintes relatives à la résistance au feu des produits fabriqués en bois et à leur inaccessibilité au grand public.

Ce qui est triste, curieusement, c'est que le bois est l'un des secrets les mieux gardés au Canada. Le bois est un choix intelligent. Le bois est une ressource renouvelable et durable. Les avantages du bois en font un matériau de construction très attrayant. Ses caractéristiques sur le plan de l'environnement, de la résistance, de la polyvalence, de la résistance au feu, de l'esthétique et de l'isolation de même que sa valeur économique sont extraordinaires. Par exemple, saviez-vous qu'une pièce construite en bois piège une quantité de carbone égale aux émissions d'une voiture familiale pendant une année? Par conséquent, il faut commencer par en faire la promotion dans les milieux universitaires.

Durant l'étude, j'ai été surprise de constater que peu d'heures sont consacrées au bois dans les programmes d'études des facultés de génie, d'architecture et de design. Toutefois, ce n'est pas seulement la faute des universités. Les industries du béton, de l'acier et du fer mènent des campagnes d'information sur leurs matériaux auprès des étudiants des universités. Elles organisent des séminaires spéciaux sur l'utilisation de leurs matériaux dans la construction. Elles font activement la promotion de leurs produits et soulignent les améliorations et les nouvelles applications dans l'industrie. Les fabricants de bois font peu de ce genre de promotion. Il n'y a pas de promotion ni de séminaires ou de campagnes d'information.

C'est la raison pour laquelle je suis en faveur de la création de chaires de recherches pluridisciplinaires dans le domaine de la conception et de la construction de bâtiments en bois partout au pays. Une fois en place, ces chaires attireraient des spécialistes canadiens et étrangers qui diffuseraient largement les résultats de leurs recherches.

Toutefois, comme le souligne notre rapport, si nous voulons véritablement établir une culture du bois dans les milieux universitaires canadiens, l'expertise en construction d'édifices en bois doit se développer à l'extérieur des facultés de foresterie.

Les 11e prix annuels Branché sur le BOIS! ont été décernés tout près d'ici, au nouveau Centre des congrès d'Ottawa, le 3 novembre, il y a deux semaines à peine. Le programme Branché sur le BOIS! tend à promouvoir le bois dans notre pays, où le bois constitue un matériau de premier choix pour tous les genres de construction. La campagne nationale Branché sur le BOIS! vise à augmenter l'utilisation du bois dans la construction commerciale, industrielle et organisationnelle. Elle est dirigée par le Conseil canadien du bois, qui bénéficie du soutien financier de l'industrie du bois, du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux. Le secteur forestier contribue à l'économie de nombreuses régions canadiennes, et c'est ce qui amène le gouvernement à investir, plus que jamais auparavant, dans le renouvellement de ce secteur. Ainsi, au cours des deux dernières années, le gouvernement actuel a investi plus d'argent dans ce secteur que le gouvernement précédent n'en avait investi en cinq ans.

Honorables sénateurs, je siège au Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts et je suis très fière du rapport que vous avez entre les mains. L'étude que nous avons menée afin de mieux connaître l'état actuel et l'avenir du secteur forestier canadien était nécessaire, et elle s'est révélée fascinante. Je vous encourage à appuyer avec moi ce rapport, qui contribuera grandement au débat sur les nouveaux enjeux du secteur forestier canadien.