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Les Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

Honorables sénateurs, j'ai encore eu l'honneur, ce matin, d'animer la cérémonie annuelle de remise des Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». Je ne mentionnerai pas les lauréates, car le sénateur Hubley l'a déjà fait très gentiment. (Madeline Boscoe; Nancy Hartling; Lucie Joyal; Sharon Donna McIvor; and Kim Pate; et aussi le prix pour les jeune a Amber JoAnn Fletcher)

Les lauréates du prix, des personnes remarquables qui ont contribué à éliminer les obstacles nuisant à l'avancement des femmes, sont des modèles de dévouement désintéressé.

Actuellement, 34 p. 100 des sénateurs sont des femmes ainsi qu'un quart des députés. De plus, 60 p. 100 des personnes inscrites à l'université et dans des collèges sont des femmes. Les femmes font d'immenses progrès dans le monde des affaires et y occupent des fonctions aux échelons supérieurs. Nous avons raison d'être optimistes, mais les Canadiennes ont encore beaucoup de chemin à faire.

Depuis toujours, le choix du sexe de l'enfant se fait en faveur des bébés de sexe masculin. Cette situation existait en France au XIXe siècle et elle existe à notre époque en Asie. La politique chinoise de l'enfant unique a créé un déséquilibre artificiel, à savoir une proportion de 124 hommes pour 100 femmes.

Dans un article publié en 2010 dans The Economist, on emploie le terme gendercide pour désigner la guerre qui est faite aux bébés de sexe féminin dans le monde entier, une guerre qui a engendré le phénomène des « femmes manquantes » et de l'« avortement des fœtus de sexe féminin », présent en Chine, mais aussi en Inde.

Hélas, l'offensive contre les femmes ne fait pas de discrimination en fonction de critères démographiques ou géographiques. Tous les six jours, en moyenne, une Canadienne est tuée par son partenaire intime. Chaque jour, plus de 3 000 Canadiennes ont recours à des refuges d'urgence pour échapper à la violence conjugale. Plus de 80 p. 100 des victimes de la traite des personnes sont des femmes.

Honorables sénateurs, saviez-vous que, chaque année, les Nations Unies recensent pas moins de 5 000 cas de femmes et de jeunes filles abattues, lapidées, brûlées, empoisonnées, enterrées vivantes, étranglées, étouffées ou poignardées à mort par des membres de leur propre famille, au nom de l'honneur familial? Au Canada, 12 meurtres barbares ont été commis entre 2002 et 2007 au nom de l'honneur.

Le gouvernement actuel a apporté une série de changements législatifs et modifié notre guide sur la citoyenneté, Découvrez le Canada, pour prévenir tous les types de violence contre les femmes, comme la violence familiale, sexuelle ou gratuite, ou encore la violence commise au nom de l'honneur ou à des fins d'exploitation.

Malgré toutes ces nouvelles mesures de lutte contre la criminalité, le monde, y compris le Canada, peut quand même être un endroit dangereux pour les femmes, quel que soit leur âge. Certaines ne se sentent pas en sécurité dans leur quartier; d'autres, au sein de leur propre famille.

Par contre, je sais que, en continuant d'attirer l'attention politique sur ce dossier et de mettre sur pied des campagnes de sensibilisation du public, la sûreté et la sécurité de toutes les femmes continuera de s'améliorer.