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Interpellation sur Les avantages des sables bitumineux

Honorables sénateurs, je suis très heureuse de présenter une interpellation au Sénat sur les sables bitumineux du Canada, la source de pétrole la plus éthique au monde. Je suis heureuse parce que, en raison de la nature des affaires publiques, l'attention du Parlement est souvent tournée vers des mauvaises nouvelles, des problèmes ou des lacunes. Comme toute entreprise humaine, les sables bitumineux comportent leur part de problèmes. Toutefois, quand nous les évaluons en fonction de nos valeurs nationales, nous nous rendons compte qu'ils ont des avantages. Il s'agit d'une ressource dont nous pouvons tous être fiers, une ressource qui révèle notre identité canadienne et qui façonne nos industries de manière à faire de notre pays un modèle d'éthique à l'échelle internationale.

Le projet des sables bitumineux est un projet d'envergure nationale conforme aux valeurs canadiennes comme la conservation de l'environnement, la paix, le traitement équitable des travailleurs, le respect des minorités et l'excellence scientifique. C'est un projet d'une ampleur aussi grande que le Canada. Les sables bitumineux permettent au pays le plus consciencieux du monde de devenir, d'une manière inédite, une source énergétique fiable sur la scène internationale.

Les sables bitumineux du Canada sont une solution de rechange audacieuse et éthique aux moyens brutaux utilisés par les pays de l'OPEP pour produire du pétrole. C'est une belle réussite canadienne.

Honorables sénateurs, avant de poursuivre, j'aimerais parler d'une question qui est posée par de nombreux Canadiens et des observateurs du monde entier. Quelle est la différence entre les sables pétrolifères et les sables bitumineux? En fait, les deux termes font référence à la même chose, c'est-à-dire aux abondantes réserves de pétrole qui se trouvent dans le Nord de l'Alberta et de la Saskatchewan. Cependant, contrairement aux gisements de pétrole classiques, le pétrole est mélangé à du sable et à de l'argile. Le terme technique qui désigne ce mélange est le « bitume », qui a la couleur du pétrole mais la texture du beurre d'arachides. La recherche d'une méthode économique pour séparer le pétrole du sable et de l'argile, tout en protégeant l'environnement, est un défi technologique que les scientifiques canadiens ont relevé en travaillant avec acharnement.

Il s'agit de pétrole et de sable, non pas de goudron. Le goudron est une substance chimique dérivée du bois de pin ou de la houille. À Fort McMurray, le sable ne contient pas de goudron. Cela semble simple, mais le fait de parler de « oil sands » (sables pétrolifères) plutôt que de « tar sands » (sables goudronneux, dont l'équivalent français correct, sables bitumineux, ne comporte aucune référence au goudron) n'est pas seulement une question de précision géologique, c'est aussi une question de précision politique.

L'expression anglaise fabriquée « tar sands » semble désigner quelque chose d'un peu plus laid et plus sale que « oil sands », et c'est pourquoi de nombreux détracteurs des sables pétrolifères l'utilisent. Cette expression est péjorative et tout simplement inexacte. Par conséquent, lorsque quelqu'un utilise l'expression « tar sands », il faut y voir une déformation volontaire d'une réalité scientifique au nom de la politique. Lorsque j'entends un activiste s'opposant aux sables pétrolifères parler de « tar sands », surtout lorsque cette personne sait que les sables ne contiennent pas de goudron, je me demande immédiatement s'il exagère seulement pour se faire du capital politique.

Traditionnellement, les Autochtones utilisaient les sables bitumineux, qu'on trouve parfois en surface, pour imperméabiliser leurs canots. C'est en 1719, et cela est documenté, que des Européens ont vu des sables bitumineux pour la première fois. À l'époque, un guide cri du nom de Wapasu en a apporté un échantillon à Henry Kelsey, un commerçant de New York. Cent cinquante ans allaient s'écouler avant qu'on tente de produire du pétrole à partir de ces sables. C'est dans les années 1920, en effet, que les expériences scientifiques ont débuté sérieusement.

En 1942, l'International Bitumen Co. a pris le nom de Oil Sands Limited, une société qui s'appelle aujourd'hui Suncor. C'est la deuxième société en importance au Canada, après la Banque royale.

Les Canadiens travaillent dans le secteur des sables bitumineux depuis un siècle, mais ce n'est qu'au cours des dix dernières années que nous avons attiré l'attention de la planète. Le secteur, qui avait fait jusque là l'objet d'expérimentations à petite échelle, est devenu la principale source de pétrole pour les États-Unis. En fait, les États- Unis ont reconnu officiellement la légitimité des sables bitumineux il y a quelques années seulement. Ils étaient sceptiques; ils craignaient que la technologie n'ait pas été assez expérimentée pour être fiable.

On estime que les sables bitumineux renferment 1,7 billion de barils de pétrole. Grâce à la nouvelle technologie, environ 10 p. 100 de ce pétrole est récupérable au plan économique. Ainsi, la réserve renfermée dans les sables bitumineux est la deuxième en importance à l'échelle planétaire. C'est l'Arabie saoudite qui détient la plus grande. En 2004, la croissance des sables bitumineux a permis au Canada de franchir une étape importante. Cette année-là, le Canada a ravi à l'Arabie saoudite son titre de principale source de pétrole pour les États-Unis. Après avoir vécu à la merci de l'OPEP pendant des décennies, nos amis et alliés, les Américains avaient enfin une source de pétrole locale, sûre et exploitée selon les règles de l'éthique.

Aujourd'hui, nous exportons, par pipelines, 1,4 million de barils de pétrole extrait des sables bitumineux aux États-Unis. Aux cours actuels du pétrole sur les marchés mondiaux, cela représente plus de 100 millions de dollars par jour. La plupart du pétrole extrait des sables bitumineux au Canada est transformé en essence pour alimenter les voitures aux États-Unis. Le produit final ne diffère aucunement de l'essence dérivée du pétrole provenant de sources plus conventionnelles en Arabie saoudite, au Nigeria, au Venezuela et dans d'autres pays de l'OPEC. Les deux types d'essence brûlent de la même façon et, en raison des cours des produits de base sur les marchés mondiaux, ils ont le même prix.

Toutefois, on peut parler d'une différence importante au plan moral : le Canada exploite le pétrole de bien meilleure façon que tout autre grand producteur de pétrole sur la planète. Comme Ezra Levant le souligne dans son nouvel ouvrage, Ethical Oil, le Canada exploite le pétrole dans le respect des valeurs qui font de lui un grand pays. Il cite quatre de ces valeurs : les questions environnementales, la paix, la justice économique et le respect des minorités. À l'aune de ces critères, le pétrole canadien est le meilleur au monde. Le Canada est devenu le numéro un non pas du café, mais du pétrole équitable sur la scène mondiale.

Prenez la première valeur, les « questions environnementales ». Le respect de notre environnement naturel est une valeur canadienne aussi vieille que le Canada lui-même. Non seulement cette valeur se reflète dans nos lois et nos règlements environnementaux, mais également dans la culture d'entreprise de nos pétrolières.

Les mines de sables bitumineux, comme toutes les mines, génèrent des résidus, c'est-à-dire le sable et l'argile inutilisés après l'extraction du pétrole. Contrairement à la plupart des mines dans le monde, au Canada, les exploitants sont tenus par la loi de nettoyer les bassins de décantation une fois l'extraction terminée. À ce jour, 65 kilomètres carrés de terrain minier a été nettoyé. On y a replanté des herbes et des arbres indigènes, et réintroduit des espèces sauvages, notamment des bisons.

Les groupes opposés aux sables bitumineux utilisent les images de ces mines dans leurs lettres de financement, car elles choquent. Cependant, comme l'utilisation du terme « sable bitumineux », ces images sont trompeuses, car les sociétés minières ne sont en mesure d'exploiter que 2 p. 100 du territoire fertile en sables bitumineux. En effet, dans la plupart des régions, le bitume est trop loin de la surface. Par conséquent, 98 p. 100 du territoire fertile en sables bitumineux ne sera jamais exploité de cette façon. Le bitume sera donc récupéré au moyen de technologies in situ, comme le drainage par gravité au moyen de vapeur. Ces technologies laissent une empreinte négligeable à la surface, et les forêts et les espèces sauvages ne sont pas dérangées. Les détracteurs des sables bitumineux se gardent bien de dire la vérité lorsqu'ils sollicitent des fonds.

Le Canada applique également son approche éthique à l'égard des sables bitumineux à l'usage de l'eau. Toutes les sociétés d'exploitation des sables bitumineux ont le droit d'utiliser un peu moins de 2 p. 100 de l'eau charriée par la majestueuse rivière Athabasca, et un pourcentage encore moins élevé lorsque le débit de la rivière est au plus bas. Les nouvelles technologies souterraines ou in situ n'ont même pas besoin d'eau provenant de la rivière.

D'autres pays producteurs de pétrole ne possèdent pas ce genre de plan de conservation rigoureuse des ressources. Au Nigeria, par exemple, quelque 2 000 déversements toxiques de pétrole n'ont jamais été nettoyés et ne le seront probablement jamais.

Depuis quelques années, le dioxyde de carbone est un polluant qui suscite des inquiétudes. Même à cet égard, les sociétés d'extraction du pétrole dans les sables bitumineux respectent des normes d'éthique supérieures à celles de bon nombre d'autres producteurs de pétrole.

L'approche globale utilisée par le gouvernement Obama pour la mesure des émissions de dioxyde de carbone, du puits aux engrenages, qui tient compte de toutes les étapes, de l'empreinte environnementale des superpétroliers saoudiens au recyclage canadien du gaz naturel, montre que nos sables pétrolifères ont une empreinte moins marquée que le pétrole vénézuélien par exemple, moins marquée en fait que celle de l'industrie pétrolière de la Californie, un État qui est souvent considéré comme avant- gardiste sur le plan environnemental. Nancy Pelosi est-elle déjà venue nous critiquer à ce sujet?

Voici une question pour évaluer le degré de moralité des critiques des sables pétrolifères : préféreraient-ils que les États-Unis importent leur brut de pays comme le Venezuela, dont l'empreinte carbonique est beaucoup plus importante que celle du pétrole canadien? Les Américains doivent se procurer leur pétrole quelque part. Les environnementalistes de bonne foi qui se préoccupent des émissions de dioxyde de carbone ne préféreraient-ils pas le pétrole de nos sables pétrolifères au pétrole vénézuélien plus polluant? C'est un choix bien concret. Le pétrole des sables pétrolifères ou le pétrole de l'OPEP : de quel côté sommes-nous?

Pour le Canada, jouer le rôle de chef de file en matière d'environnement est une valeur importante, mais ce n'est pas la seule. Le Canada est également un chef de file du maintien de la paix dans le monde. De prime abord, on pourrait croire que ce parallèle n'a pas grand-chose à voir avec la question des sables pétrolifères, mais il est très pertinent. La plupart des grands producteurs de pétrole du monde sont des dictatures qui menacent de s'en prendre à leurs voisins et qui financent les terroristes.

L'Arabie saoudite, le plus grand producteur de pétrole au monde, est une théocratie médiévale. Ce pays est un incubateur pour le fondamentalisme islamique, qui a produit 15 des 19 pirates de l'air du 11 septembre 2001.

L'Iran compte aussi parmi les plus grands producteurs de pétrole au monde. Il assume en ce moment la présidence de l'OPEP. L'Iran est le principal financier de groupes terroristes comme le Hamas et le Hezbollah. Il leur fournit de l'argent et des armes et il les entraîne. Cet État poursuit également un programme d'armement nucléaire. Il a même menacé d'utiliser de telles armes contre Israël et l'Ouest.

La Russie et le Venezuela ne sont pas des dictatures à proprement parler, mais ce sont aussi des pays belliqueux. En 2008, la Russie a en effet attaqué un pays voisin, la Géorgie, et le Venezuela a fait des menaces à la Colombie.

Ce bellicisme serait impossible si de tels gouvernements ne pouvaient compter sur les énormes recettes qu'ils tirent du pétrole.

Le Canada ne pourrait jamais se comporter de la sorte. Le Canada a inventé le maintien de la paix.

C'est un point important. La plus grande partie du pétrole, à l'échelle mondiale, sert à financer des conflits. Les recettes que nous tirons du pétrole sont utilisées pour financer l'aide étrangère et non pour envahir des pays étrangers. Ne vaut-il pas mieux acheter du pétrole d'un pays écosensible qui finance les forces de maintien de la paix que d'une dictature polluante qui finance le Hamas? Il est facile de répondre à cette question d'éthique.

Le pétrole canadien est supérieur, sur le plan environnemental, au pétrole des pays membres de l'OPEP. Qui plus est, il entraîne moins de conflits que le pétrole des pays membres de l'OPEP et les travailleurs et travailleuses de l'industrie canadienne sont traités avec un plus grand respect.

L'industrie pétrolière saoudienne emploie des travailleurs migrants étrangers qui n'ont aucun droit de citoyenneté et dont les conditions de travail frisent l'esclavage. Malgré ses importantes réserves de pétrole, le Nigeria est toujours l'un des pays les plus pauvres au monde, où l'espérance de vie est de 47 ans seulement et dont la moitié de la population gagne moins d'un dollar par jour.

En Arabie saoudite, la richesse générée par le pétrole est encaissée par la famille royale. Au Nigeria, elle est détournée par des dictateurs et des bureaucrates depuis 50 ans.

Au Canada, en revanche, un travailleur de premier échelon qui conduit un camion dans les sables bitumineux peut gagner plus de 100 000 dollars par année. C'est ce que j'appelle du pétrole équitable.

Certains détracteurs, même ici au Canada, veulent qu'on ralentisse la croissance des sables bitumineux et même qu'on impose un moratoire sur tout nouveau projet. Certains groupes, comme Greenpeace, ainsi que certains éléments radicaux au sein du NPD, veulent carrément que nous stoppions tous les projets.

Honorables sénateurs, en vertu de quel code d'éthique accepterait- on que des centaines de milliers de Canadiens soient mis à pied, qu'on élimine des emplois lucratifs au Canada et qu'on stimule l'emploi dans les pays où des dictateurs empochent les profits et les travailleurs peu rémunérés qui n'ont aucun droit doivent se contenter de miettes? Il serait immoral pour notre gouvernement de punir les familles canadiennes en exportant nos emplois dans le secteur de l'énergie vers les pays membres de l'OPEP. Ce serait d'autant plus immoral compte tenu de la manière dont les travailleurs sont traités dans les pays membres de l'OPEP.

J'aimerais parler d'une autre mesure éthique, une mesure que nous tenons pour acquise au Canada. Il s'agit des droits de la personne et du respect des minorités. Cela fait tellement partie de notre vie courante que nous n'y pensons même plus, mais nous devrions le faire.

Je pense, par exemple, à Melissa Blake, la jeune mairesse de Fort McMurray. Au Canada, le fait qu'une jeune femme occupe la fonction de maire ne défraie pas les manchettes. C'est normal, cela fait partie de notre mode de vie. En Arabie saoudite, par contre, aucune femme n'occupe un tel poste. C'est contraire à la loi. Les femmes n'ont pas le droit de vote. Elles n'ont même pas le droit de conduire une voiture.

Le Canada protège aussi les droits des gais. En Iran et en Arabie saoudite, on exécute les gais.

L'industrie des sables pétrolifères est le principal employeur d'Autochtones au Canada. Au Venezuela, les Autochtones qui se dressent contre Hugo Chávez sont assassinés.

Dans les pays de l'OPEP, les violations des droits de la personne sont presque aussi nombreuses qu'elles ne l'étaient en Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. En fait, on pourrait dire que l'Arabie saoudite pratique l'apartheid sexuel. Les femmes y sont traitées comme des citoyens de seconde classe.

Dans les années 1980, notre pays a été l'instigateur des sanctions contre l'Afrique du Sud qui ont mené à la fin de l'apartheid.

Les sables pétrolifères canadiens constituent un énorme moteur économique pour l'ensemble de notre pays. Ils représentent une source d'énergie fiable et stratégique pour nos alliés. Ce secteur d'activités témoigne de l'esprit d'entreprenariat et des prouesses technologiques des Canadiens, ainsi que de nos solides liens commerciaux avec les États-Unis. De plus, il y a tant d'autres aspects des sables pétrolifères qui représentent la personnalité du Canada.

Pour bien des gens, tout ce qui compte, c'est le prix du pétrole. C'est normal. Toutefois, à mes yeux et aux yeux de nombreux Canadiens, il est également important de vivre de façon éthique et de respecter les idéaux canadiens.

Aucune autre source de pétrole au monde ne respecte davantage l'environnement que les sables pétrolifères canadiens, n'est exploitée de façon plus pacifique ou n'est plus équitable, tant pour les femmes que pour les hommes, sur le plan économique. Comme tout ce que nous entreprenons au Canada, l'exploitation des sables pétrolifères se déroule dans le plus grand respect des minorités, ce qui fait de notre pays l'envie du monde entier.

Moi qui ai vraiment à cœur l'identité canadienne, je continue de miser sur les qualités morales du pétrole canadien, qui sont l'incarnation même du caractère national du Canada.

La valeur éthique du pétrole canadien correspond enfin à un autre trait de notre caractère national, à savoir notre trop grande modestie. Toutefois, notre attitude déférente constitue en fait un problème lorsqu'il est question des sables pétrolifères, étant donné que si nous ne sommes pas audacieux et fiers quant à la vraie nature des sables pétrolifères, nous courons le risque qu'ils soient diabolisés par les critiques, qui ont leurs propres objectifs.

Cela pourrait avoir pour conséquence que le Canada produise moins de pétrole et que l'OPEP en produise plus. Quand les solutions de rechange du pétrole éthique du Canada sont le pétrole de l'Arabie saoudite, qui soutient le terrorisme, le pétrole de l'Iran, un pays qui maltraite les gais et qui finance un programme d'armement nucléaire, ou le pétrole du Nigeria, dont les profits sont détournés par les fonctionnaires corrompus, nos réticences ne sont plus inoffensives.

Il faudrait toujours chercher à améliorer nos façons de faire et rester ouverts aux critiques constructives. Cela fait aussi partie de notre caractère national. Pour ma part, je suis fière de voir que le secteur s'améliore constamment. Par exemple, les émissions de carbone produites par chaque baril de pétrole des sables pétrolifères ont diminué de 38 p. 100 depuis 1990.

L'une des choses qui font que le Canada est différent des pays de l'OPEP, c'est que nous sommes ouverts aux points du vue contraires et que nous protégeons la liberté des gens qui ont des opinions divergentes. Lorsque des membres de Greenpeace font irruption dans une usine canadienne d'exploitation des sables pétrolifères, nous ne les tuons pas. Lorsque des journalistes critiquent l'exploitation des sables pétrolifères, nous ne les assassinons pas ni ne les censurons. J'aime le fait que nous soyons tolérants à l'égard des critiques et des divergences d'opinions.

Ironiquement, c'est ce qui explique pourquoi les activistes des Greenpeace de ce monde sont si actifs ici et si muets au sujet des auteurs de massacres en Arabie saoudite, en Iran, au Soudan, au Nigeria et au Venezuela.

C'est précisément parce que nous sommes des figures de proue en matière d'éthique dans le monde qu'il n'est pas dangereux pour eux de s'en prendre à notre industrie et de détruire nos emplois. C'est un paradoxe. Greenpeace laisse tranquilles les pires pays précisément parce que ce sont les pires pays. Il critique le pays le plus gentil de la planète parce que nous sommes gentils. On croirait que Greenpeace concentrerait ses efforts sur les vrais émetteurs de carbone et ceux qui exploitent vraiment la paix, mais c'est bien trop difficile et dangereux, sans compter qu'ils doivent veiller au succès de leurs collectes de fonds. C'est la raison pour laquelle si peu de Canadiens aujourd'hui considèrent Greenpeace comme un modèle de moralité. Du point de vue de l'éthique, une seule conclusion s'impose : le pétrole canadien est le pétrole le plus socialement responsable du monde.