Ce site est conçu pour les fureteurs compatibles avec les normes web. Il demeure tout de même fonctionnel avec les autres fureteurs.

Accéder au contenu

Prix du Gouverneur général 2010 en commémoration de l’affaire « personne »

Vos Excellences, honorables ambassadrices et ambassadeurs, honorables parlementaires, distingués récipiendaires, actuels et passés, distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Votre Excellence, au nom de toutes les personnes ici présentes, je tiens à vous féliciter de votre récente nomination à titre de 28Gouverneur général du Canada. Nous vous remercions d’avoir gracieusement accepté d’être l’hôte de ces cérémonies qui commémorent un jalon dans la quête des femmes pour l’égalité.

En 1929, à l’issue de l’affaire « personne », les Canadiennes obtenaient un droit fondamental, longtemps attendu : celui d’être reconnues comme « personnes » à part entière devant la loi et de pouvoir ainsi siéger au Sénat canadien.

Cinquante ans plus tard, en mémoire de l’acte de courage historique des Célèbres cinq, le gouvernement du Canada créait les Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire « personne ».

Ces prix, aussi appelés Prix de l’affaire « personne », couronnent les impressionnantes réalisations de Canadiennes et de Canadiens exemplaires. Chaque année, autour du 18 octobre ou le 18 octobre même, Journée de l’affaire « personne », ces prix sont remis à quelques Canadiennes ou Canadiens triés sur le volet au cours de cérémonies très spéciales, avec toutes les pompes et le cérémonial qui siéent au Gouverneur général — plus particulièrement un Gouverneur général fraîchement nommé!

Les raisons de tout cet apparat sont excellentes et simples tout à la fois :

  • parce que ces personnes le méritent;
  • parce qu’elles sont une source d’inspiration pour d’autres;
  • parce que, en tant que Canadiennes et Canadiens, nous sommes extrêmement fiers d’elles!

Avant de vous présenter les « célèbres cinq » de 2010, j’aimerais vous raconter l’histoire de ces prix.

Dans les années 1920, les femmes avaient enfin réussi à obtenir le droit de vote aux élections fédérales et avaient aussi ce droit dans certaines provinces. Cinq Albertaines d’avant-garde ont décidé de s’attaquer à l’étape suivante.

Ces cinq femmes, surnommées aujourd’hui les Célèbres cinq, étaient :

  • Henrietta Muir Edwards;
  • Nellie McClung;
  • Louise McKinney;
  • Emily Murphy;
  • et Irene Parlby.

Pour les Célèbres cinq, il était inacceptable que le sexe soit le principal critère d’admissibilité à la désignation légale de « personne », parce que cela excluait manifestement et injustement les femmes et les empêchait d’accéder aux plus hauts lieux de pouvoir de la société canadienne. En 1927, elles ont officiellement demandé à la Cour suprême du Canada de répondre à la question suivante :

« La notion de "personne" dans l'article 24 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, comprend-elle les femmes? »

Après cinq semaines de délibérations, la Cour rendait sa décision : le mot « personne » excluait les femmes.

Ne se laissant pas démonter pour autant, les Célèbres cinq ont porté l’affaire devant le plus haut tribunal du Canada à l’époque, le Conseil privé de Londres.

Le 18 octobre 1929, le Conseil privé rendait sa décision historique : « Aux personnes qui se demandent si le mot “personne” doit comprendre les femmes, la réponse est évidente : pourquoi pas? »

Aucune des Célèbres cinq n’a été nommée sénatrice, mais espérons que leur suffit la récompense de savoir que, grâce à leurs efforts, les femmes pourraient davantage participer au gouvernement et à d’autres aspects de la société canadienne.

En 1930, quatre mois après la décision reconnaissant aux femmes le statut de « personnes », Cairine Wilson devenait la première femme nommée au Sénat canadien.

Il a toutefois fallu attendre encore 23 ans avant qu’une autre femme soit nommée à la Chambre haute du Canada, et l’affaire « personne » a sombré plus ou moins dans l’oubli.

Nous devons nous réjouir que la situation ait changé. Non seulement les Prix en commémoration de l’affaire « personne » sont-ils remis chaque année, mais un monument à la mémoire des Célèbres cinq se dresse maintenant sur la Colline du Parlement.

Les récipiendaires des Prix 2010 en commémoration de l’affaire « personne » ont en commun avec les Célèbres cinq une soif d’implication sociale et une passion pour la pleine participation des femmes. Parmi les personnes honorées au fil des ans, ont figuré des chefs de file d’un large éventail de domaines. Elles ont en commun un talent pour les grandes réalisations que peu d’entre nous possédons, mais que nous pouvons toutes et tous admirer.

Permettez-moi maintenant de vous présenter les cinq femmes célèbres de l’année – les récipiendaires des Prix du Gouverneur général 2010 en commémoration de l’affaire « personne ».

Marie Louise Fish

Entrée dans les Forces canadiennes en 1974, Marie Louise Fish a ouvert l’accès des femmes à plusieurs domaines traditionnellement masculins. Sa carrière est une suite de « premières féminines » :

  • première femme à servir en mer à titre d’officière de marine, dans le cadre d'un projet-pilote visant à expérimenter la mixité dans les unités navales;
  • première à servir au sein de l'équipe de plongée d’un navire;
  • et première à faire partie du contingent canadien à la marche de Nimègue — rigoureuse marche annuelle de 160 kilomètres s’étalant sur quatre jours et commémorant la libération des Pays-Bas.

Mme Fish a servi en mer à une époque où les femmes étaient encore rares dans la Marine canadienne. À titre d’officière d'approvisionnement de navire, elle a suivi un entraînement ardu aux côtés de ses homologues masculins. À sa retraite de l'armée, elle a entrepris une carrière en administration de la sécurité. Elle a été la première femme à présider l'Association des chefs de sécurité dans les collèges et universités de l'Ontario. Au Collège militaire royal, à l’Université Queen's et à l’Université Trent, Mme Fish a implanté des politiques et des pratiques améliorant la sécurité des femmes et a augmenté leur représentation au sein du personnel de sécurité. Mme Fish vit à Elgin, en Ontario.

Pour sa détermination à défendre l'égalité entre les sexes et à améliorer les perspectives des femmes dans leur ensemble, nous lui présentons un Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». 

Lucille Harper

Lucille Harper défend éloquemment et depuis longtemps la justice sociale et l’égalité des sexes. En tant que directrice générale de l’Antigonish Women’s Resource Centre, elle a aidé des milliers d’adolescentes et de femmes depuis 1988 — femmes aux prises avec la pauvreté, la violence et l’exclusion sociale ou ayant besoin d’éducation en matière de santé. Elle a joué un rôle dans nombre d’initiatives : dans l’établissement d’un programme d’examen des victimes d’agression sexuelle, dispensé par des infirmières; ainsi que dans la création d’une équipe d’intervention auprès des victimes d’agression sexuelle, d’un centre de santé des femmes et d’un programme faisant la promotion de saines relations en milieu scolaire. Avec sa collectivité et des organismes partout en Nouvelle-Écosse, elle a œuvré pour l’amélioration de la situation socioéconomique et politique des femmes, participant à la fondation d‘organismes clés. Elle demeure active dans plusieurs, dont : l’association des centres de femmes de la Nouvelle-Écosse, la Feminists for Just and Equitable Public Policy Association et la Coalition des femmes d’action de la Nouvelle-Écosse. Au niveau national, Mme Harper a contribué au travail de l’Institut canadien de recherches sur les femmes. Mère de trois enfants maintenant adultes, elle vit avec son compagnon de vie à Pomquet, en Nouvelle-Écosse.

Pour sa détermination à défendre l'égalité entre les sexes et à améliorer les perspectives des femmes dans leur ensemble, nous lui présentons un Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». 

Kerline Joseph

Kerline Joseph est détentrice d’un doctorat en droit et travaille comme fonctionnaire à Service Canada. Son dévouement au service communautaire trouve sa source au début des années 1990. Elle fait à ce moment-là un voyage en Afrique, voyage qui lui a ouvert les yeux sur les injustices que subissaient la plupart des Africaines et a suscité en elle un désir d’agir. Elle a ainsi décidé de se consacrer à la lutte contre la discrimination envers les femmes. Mme Joseph a été l’assistante du Rapporteur spécial à la Commission africaine. Elle a également œuvré au développement et à l’adoption du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, instrument juridique visant à protéger les femmes de tout le continent. En 2005, Mme Joseph a créé l’organisme Voix sans frontières, dont elle est la présidente. Cet organisme lutte contre l’isolement des immigrantes au Canada en les aidant à parfaire leurs compétences tout en les renseignant sur leurs droits et leurs responsabilités au Canada. En 2005, Mme Joseph a été candidate pour le prix John Humphrey Liberté décerné par Droits et Démocratie. Mme Joseph vit à Delson, au Québec.

Pour sa détermination à défendre l'égalité entre les sexes et à améliorer les perspectives des femmes dans leur ensemble, nous lui présentons un Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ».

Anne Michaud

Anne Michaud contribue activement à l’avancement de la cause des femmes depuis les années 1970 et défend avec passion leurs droits et leur sécurité personnelle. En 1981, elle inaugure la tenue simultanée, dans diverses villes canadiennes, des manifestations « La rue, la nuit, femmes sans peur » (Take Back The Night), qui ont toujours lieu en 2010. Pendant son mandat à la Ville de Montréal, Mme Michaud a travaillé en partenariat avec les acteurs montréalais au développement de pratiques qui ont positionné Montréal comme chef de file en matière de sécurité des femmes en milieu urbain. En 1996, à titre de membre de la délégation canadienne au Sommet des villes des Nations Unies, à Istanbul, Mme Michaud a participé aux négociations concernant l’égalité entre les sexes dans le contexte de la gouvernance locale.

En 2002, elle a cofondé « Femmes et villes international », réseau de diffusion des connaissances et des pratiques en matière de sécurité des femmes et d’égalité des sexes en contexte urbain. Cette initiative a été reconnue par le Fonds des Nations Unies pour les Femmes (UNIFEM) pour son leadership parmi les réseaux non gouvernementaux œuvrant à éliminer la violence à l’endroit des femmes. Mme Michaud vit à Montréal, au Québec.

Pour sa détermination à défendre l'égalité entre les sexes et à améliorer les perspectives des femmes dans leur ensemble, nous lui présentons un Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». 

Barbara Mowat

Barbara Mowat est une spécialiste du commerce et du développement international des affaires qui s’emploie à donner aux femmes les moyens de réussir en affaires. Mme Mowat est présidente d’Impact Communications Ltd. Elle a fondé et publié Home Business Report, le premier magazine canadien destiné aux micro-entreprises. Elle a créé les Uniquely Programs, qui ont aidé 12 000 entreprises canadiennes, la majorité appartenant à des femmes, à élargir leurs débouchés au Canada et sur les quatre continents. Elle préside la section vancouvéroise de la Women Presidents’ Organization, organisme au service des présidentes et des premières dirigeantes de grandes sociétés. Mme Mowat a œuvré de multiples façons au développement commercial, y compris en qualité de membre du premier conseil consultatif de la Global Banking Alliance for Women.

Elle est propriétaire d’une entreprise certifiée « à propriété féminine » par WEConnect Canada, siège au Global Membership Circle de la Fondation Cherie Blair pour les femmes et a reçu en 1993 le Prix canadien de l’entrepreneuriat féminin dans la catégorie Impact, pour ses retombées sur l’économie locale. Le travail de Mme Mowat sur la scène internationale stimule l’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement, notamment en Afghanistan, où elle a dirigé un projet spécial des Nations Unies. Mme Mowat vit à Abbotsford, en Colombie-Britannique.

Pour sa détermination à défendre l'égalité entre les sexes et à améliorer les perspectives des femmes dans leur ensemble, nous lui présentons un Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». 

Ces cinq Canadiennes exceptionnelles nous inspirent toutes et tous. Si notre quête de l’égalité n’est pas terminée, nous approchons cependant du but grâce à leurs efforts et à ceux d’innombrables autres personnes.

Les récipiendaires des Prix du Gouverneur général 2010 en commémoration de l’affaire « personne » exemplifient l’engagement inébranlable des Célèbres cinq envers l’égalité des femmes.

Au nom de toute la population canadienne, je leur offre mes sincères félicitations.

J’ai maintenant l’insigne plaisir de vous présenter mon honorable collègue, la ministre fédérale des Travaux publics et Services gouvernementaux et ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose.

Merci.