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Le Groupe des sept

Honorables sénateurs, Autumn Sunlight, The Tangled Gardens, Falling Snow, The Northland, Beaver Meadow, The River Drivers, Sunken Road — il y a 90 ans ce mois-ci, ces œuvres et des dizaines d'autres peintures étaient présentées pour la première fois dans la cadre de la première exposition du Groupe des sept, au Musée des beaux-arts de l'Ontario.

C'était une exposition audacieuse et même révolutionnaire. Le programme de l'exposition résumait l'ambition du groupe en une phrase laconique :

Un art doit naître et se développer dans un pays pour que celui-ci devienne vraiment une patrie pour le peuple qui l'habite.

Pour atteindre cet objectif, les sept peintres avaient choisi d'exprimer leur idée commune de l'identité canadienne en peignant les paysages sauvages typiques du nord de notre pays.

Ces œuvres représentaient notamment un groupe de bouleaux dans la dense forêt du parc Algonquin, une île peuplée de pins ployant sous un vent vif du nord-ouest dans la baie Georgienne, ou le frémissement soudain des eaux fraîches du lac Algoma à l'approche d'un orage estival.

Pour sept artistes remarquablement canadiens — Carmichael, Harris, Jackson, Johnston, Lismer, MacDonald et Varley —, ces scènes méritaient d'être transformées en œuvres d'art.

Les visiteurs plébiscitèrent cette nouvelle approche, affirmant que c'était une révolte délibérée contre les méthodes et les scènes importées de l'étranger et que c'était la première fois qu'on représentait le Canada tel qu'il était vraiment. Un critique salua même le travail du groupe comme étant l'un des plus saisissants du nouveau siècle.

Cette réaction ne nous surprend pas. Aujourd'hui, les œuvres des peintres du Groupe des Sept sont si emblématiques qu'il nous est difficile d'imaginer un temps où on ne les appréciait pas.

Toutefois, il y a 90 ans, le milieu artistique du Canada était abasourdi et furieux. On considérait les œuvres du groupe comme le produit d'esprits dérangés et on les qualifiait de sinistres. On rapprochait les teintes éclatantes de leurs peintures à la couleur des goulaches hongrois. Le nouveau style a été baptisé l'« école de la bouillie chaude » par l'un de ses détracteurs en raison de ses ressemblances avec le gruau.

Des années plus tard, l'historien Frank Underhill en a fait une critique plus pénétrante. Il considérait que l'œuvre du groupe reposait davantage sur le mythe que sur la réalité, et qu'elle représentait la façon dont les Canadiens aimeraient se voir plutôt que ce qu'ils sont vraiment.

Malgré les critiques, la vision artistique du Groupe des Sept et sa façon de voir le Canada ont résisté au temps et, bien plus, elles continuent d'imprégner les Canadiens, qui la considèrent comme la représentation la plus marquante de l'âpre beauté du pays, et l'expression authentique de leur caractère national.