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Identité Canadien

Honorables sénateurs, le 11 février dernier, j’ai eu l’honneur de prononcer mon premier discours devant cette Chambre. Mon baptême d’oratrice m’a en quelque sorte définie comme une sénatrice – et une Canadienne. Il a jeté les bases de mon intervention d’aujourd’hui.

 

J’avais affirmé alors, et je suis toujours du même avis, que tous les hommes et les femmes de ce pays doivent être absolument convaincus d’un fait indéniable : les avantages de la citoyenneté canadienne découlent directement de notre volonté de nous investir pleinement dans ce pays.

 

Bien entendu, nous voulons que tous les Canadiens, y compris les néo-Canadiens, sentent qu’ils sont à la fois les bienvenus et qu’ils font partie intégrante de l’expérience canadienne.

 

Nous devons donc définir qui nous sommes. Et c’est maintenant que nous devons le faire. Les manchettes des journaux dénoncent trop souvent notre absence de fierté nationale, notre ambivalence face à nos responsabilités civiques et notre apathie électorale de plus en plus inquiétante.

 

La semaine dernière encore, j’ai trouvé décourageant de lire que les jeunes d’aujourd’hui ne considèrent pas l’exercice du droit de vote comme un devoir civique.

 

Il est on ne peut plus important pour ce débat de souligner que ceux qui sont les plus susceptibles d’exercer leur droit de vote croient que les citoyens ont à la fois des droits et des responsabilités.

 

Maintenant que deux des principales études entreprises par le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie sont presque terminées, nous avons une occasion en or d’axer les travaux du Comité sur la définition de l’identité canadienne à l’aube du XXIe siècle.

 

De par son ampleur et sa diversité, ce sujet pourrait à lui seul faire l’objet d’une étude, qui, pour être pertinente, devra être pancanadienne et tenir compte de tous les groupes d’intérêts et points de vue.

 

Chers collègues, permettez-moi de remonter dans le temps un instant. En juin 1999, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a publié son Rapport final sur la cohésion sociale, dans lequel on trouvait une analyse complète des facteurs économiques et sociaux ainsi que de leurs répercussions sur notre tissu social.

 

Cependant, cette étude a oublié une dimension cruciale de notre cohésion sociale : l’identité nationale et le rôle qu’elle joue dans la cohésion sociale d’une nation.

 

J’encourage donc le Comité à se pencher sur cette dimension et à en faire notre prochain champ d’étude principal. Cette étude serait la suite logique des travaux précédents du Comité et porterait sur un sujet qui constitue en ce moment un problème pour de nombreuses nations, y compris le Canada.

 

Cette « quatrième dimension » (les autres étant les conditions matérielles, l’ordre social et les réseaux) traite de l’importance accordée à l’inclusion sociale ou à l’intégration des citoyens aux institutions courantes de la société civile.

 

Elle inclut aussi le sentiment d’appartenance ainsi que la force des expériences, des identités et des valeurs que partagent des personnes d’origines différentes.

 

Malheureusement, le Canada s’est beaucoup moins penché que les autres pays sur cette question de la cohésion sociale et de l’identité nationale.

 

Par exemple, en Nouvelle-Zélande, la définition officielle de la cohésion sociale intègre l’identité nationale, notamment l’histoire, le patrimoine, la culture, les droits, et les avantages liés à la citoyenneté.

 

L’Australie, l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis ont tous réaménagé leurs programmes de promotion de la citoyenneté pour les axer davantage sur l’histoire et l’identité.

 

De plus, en juillet 2008, le Royaume-Uni a publié les résultats d’une étude visant à mieux comprendre les relations entre l’immigration récente et la cohésion sociale dans le contexte des autres transformations sociales et économiques qui touchent le quotidien des résidents du Royaume-Uni.

 

Une annonce du gouvernement canadien nous offre une occasion idéale de lancer ce débat au pays. En juin 2008, le Cabinet a en effet approuvé un mémoire sur l’identité canadienne en prévision du bicentenaire de la guerre de 1812, du 150e anniversaire du Dominion du Canada en 2017, et d’événements comme le Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en 2012 et le centenaire de la Première Guerre mondiale (2014-2018).

 

La guerre de 1812 constitue en particulier un symbole puissant de la survie de nos institutions libres – de celles qui ont évolué pour devenir notre démocratie parlementaire d’aujourd’hui.

 

Honorables sénateurs, je ne présente pas cette motion seule. J’ai parlé à la leader du gouvernement au Sénat, au ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, de même qu’au président et au vice-président du Comité. J’ai intégré, quand je l’ai pu, leurs suggestions et je les remercie de m’avoir aidé à circonscrire le sujet de l’étude que je propose.

 

La question de la nation et de l’identité nationale est on ne peut plus d’actualité et on commence à en débattre dans de nombreux pays. Il s’agit non seulement d’une question dont on n’a pas encore traité au Canada, mais également d’une étude qui se mériterait beaucoup de louanges.

 

Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a une occasion sans précédent : prendre l’initiative de lancer la première étude du genre « jamais réalisée » au Canada. Nous pourrions ainsi donner un exemple de leadership, d’innovation et de prescience. Merci.